A perpétuité

Jean-Lucien Sanchez, auteur de la préface de notre premier ouvrage, Les derniers forçats, vient de publier sa thèse :

Entre 1887 et 1953, la loi française condamne à l’exil à perpétuité en Guyane plus de 17 000 récidivistes, hommes et femmes. Au nom de leur supposée « incorrigibilité », ces parias de la République ont été condamnés à l’exil à perpétuité pour de simples délits de vol ou de vagabondage.

Entassés dans des prisons insalubres ou envoyés au péril de leur vie en pleine forêt pour poser des rails de chemin de fer, les hommes meurent en masse, victimes du paludisme ou de la fièvre jaune. Les femmes, souvent maltraitées, sont prostituées par leurs époux et l’alcool fait des ravages. Tous sont confrontés à une violence quotidienne : les jeunes hommes sont violés par les plus anciens, les crimes passionnels sont courants et le régime disciplinaire est sans pitié. Quant aux lépreux, ils sont abandonnés à leur sort sur un îlot désolé.

C’est dans un bagne colonial, astreints aux travaux forcés, qu’ils ont purgé leur peine, sans autre espoir que l’évasion. Cette aberration juridique ne prit fin qu’en 1953.

À l’heure du débat sur la lutte contre la récidive, cet ouvrage vient rappeler que la République a été, par le passé, confrontée à plusieurs reprises à cette question. Les solutions choisies ont parfois même été pire que le mal… En s’appuyant sur une riche documentation et sur des sources inédites, Jean-Lucien Sanchez nous restitue les trajectoires individuelles tragiques de ces hommes et de ces femmes.

La vie des bagnards telle qu’on ne l’a jamais écrite.

Perpétuité

Jean-Lucien Sanchez, À perpétuité. Relégués au bagne de Guyane, Paris, Vendémiaire, 2013, 320 p., 19 euros.

 ISBN : 978-2-36358-065-8